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Il faut taxer les profits
TEMPS DE LECTURE : 2 MIN.
PUBLIÉ LE 28 SEP. 2022
C'est la crise... mais jamais les groupes du CAC 40 n’ont gagné autant d’argent. Leurs résultats s’élèvent à 81,3 milliards d’euros au premier semestre, soit une hausse de 34 % sur un an. Des bénéfices insolents au regard de la dégradation du pouvoir d'achat des ménages qui fait ressurgir la proposition de taxation des profits.
Des chiffres impressionnants
D’après l’Insee, le taux de marge des entreprises françaises ne cesse d’augmenter: 74% au premier trimestre 2022 pour l’énergie, 47% pour les transports et 38% pour l’ensemble des entreprises.
Les grands groupes sont particulièrement concernés. Leurs bénéfices explosent: 5,7 milliards de dollars pour Total Énergies au 2e trimestre; 15 milliards d'euros au premier semestre pour CMA-CGM, l’armateur marseillais ; + 45% entre 2018 et 2021 pour Sanofi... La liste est longue!
Taxer pour mieux redistribuer
Malheureusement, ces chiffres exceptionnels permettent principalement d’augmenter les versements aux actionnaires, bien plus rarement de réaliser des investissements et quasiment jamais d’augmenter les salaires.
Auditionné à l’Assemblée nationale le 21 septembre, Patrick Pouyanné, directeur général de Total a menacé d’arrêter la remise exceptionnelle de 20 centimes d’euros sur le prix des carburants et de diminuer la part du raffinage en France en cas de taxe sur les superprofits. Pourtant, la taxation des profits constitue une réponse solide à bien des besoins urgents.
Une taxe de 25% rapporterait au moins 20 Mds€» calcule Mathieu Cocq, économiste à la CGT.
Cette taxe sur les supers profits pourrait être employée pour assurer un revenu décent à tous et à toutes, participer à la réduction des tarifs des transports en commun, être investie dans la rénovation des bâtiments et plus généralement dans la transition énergétique et la décarbonation…
D’autres le font, pourquoi pas nous !
Certains pays européens ont choisi de légiférer. Le Royaume-Uni a institué fin mai une taxe temporaire de 25% sur les bénéfices des géants du pétrole et du gaz pour aider les ménages les plus défavorisés. En Espagne, des taxes exceptionnelles seront mises en place sur les sociétés énergétiques et financières en 2023 et 2024 pour financer des mesures sociales; l’Italie a taxé fin mars les grandes entreprises du secteur de l’énergie à hauteur de 10%, un taux qu’elle souhaite passer à 25%.
Début septembre, Robert Habeck, le ministre allemand de l'Économie a affirmé être favorable à une contribution obligatoire sur les profits exceptionnels des énergéticiens afin d’aider les ménages. Il plaide pour une mesure européenne, tout en acceptant l’éventualité d’une action au niveau national.
La CGT soutient la nécessité d’une taxe sur les profits, et se bat pour sortir les activités essentielles de la logique du marché, afin d'éviter un effondrement économique, social et environnemental.
Tag(s) : #Salaires
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